Colloque d’Arcachon sur le libre marché

Le libre marché ne plaît pas aux politiques, et les intellectuels qui composent la cour de Versailles ne manquent jamais de le blâmer : à les entendre, le libre marché serait à l’origine de tous les maux, et défavoriserait notamment les plus pauvres. Cet argument donne de ce fait une vision à première vue altruiste et explique leur animosité naturelle à l’égard du libre marché. Pour eux, les pays pauvres seraient en effet affaiblis par une tyrannie du libre marché, et la vie des plus pauvres s’en retrouverait par conséquent encore plus dure. Inutile de dire que je ne souscris pas à cette conviction. Et à l’occasion d’un colloque à Arcachon auquel j’ai récemment participé, un participant s’est amusé à démonter cette conviction de manière très intelligente. Comme il l’a clairement montré, cette affirmation est en fait à l’opposé de la réalité. Les citoyens des pays pauvres souffrent surtout d’un manque total de libre marché. Les plus défavorisés habitent presque toujours dans des pays où la possibilité de vivre comme ils le souhaitent leur est refusée ! En effet, circonscrire le libre marché conduit à circonscrire la liberté. C’est pour cette raison que le libre marché est absent dans des dictatures comme le Congo : un gouvernement qui ne permet pas à son peuple de voter n’acceptera assurément pas que celui-ci ait la possibilité de faire ses choix dans le cadre du libre marché ! Pendant ce colloque à Arcachon, l’intervenant a même décidé d’aller plus loin dans son argumentation, en montrant que le libre marché est au contraire extrêmement avantageux pour les populations défavorisées. Celui-ci leur donne en effet la capacité de proposer leur labeur à une cible bien plus importante, et leur permet en tant qu’acheteurs d’avoir un meilleur accès aux biens et services. Par le biais du libre marché, la plupart des populations pauvres dans le monde affectent désormais un budget plus faible à la nourriture qu’auparavant. Pour les pays pauvres ayant fait le choix du libre marché et permettant l’importation de produits, les habitants profitent non seulement de plus de choix en ce qui concerne les produits, mais aussi à des prix bien plus bas. Si vous souhaitez vous inscrire pour le prochain événement, allez sur le site de l’agence qui organise ce séminaire à Arcachon. Suivez le lien pour toutes les infos.

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Quand Hollande se pense audacieux

Sur TF1 et France 2, pour le 14 Juillet, le chef de l’État a défendu son rôle dans la crise grecque et s’est défini comme un président « audacieux » et protecteur. Battre le fer quand il est chaud. Auréolé de deux accords, sur la Grèce lundi et sur le nucléaire iranien mardi,François Hollande a pu en faire le service après-vente devant les Français, lors de son allocution du 14 Juillet, filmée dans le salon des portraits de l’Élysée. «Décidément, le monde avance!», s’est félicité le président, en vantant l’«accord très important» signé dans la nuit à Vienne, limitant les ambitions nucléaires de Téhéran. «C’est la fête de la France aujourd’hui», a-t-il répété deux fois. La sienne, aussi, donc. C’est surtout le compromis trouvé entre Athènes et ses créanciers dans la nuit de dimanche à lundi que le chef de l’État a loué, sans dissimuler sa satisfaction. Depuis six mois, Hollande œuvre pour que la Grèce, au bord du précipice, soit renflouée en échange de réformes, tout en restant dans la zone euro. Au soir du référendum, le 5 juillet, la France était l’un des seuls pays à s’opposer à un Grexit, devenu le scénario privilégié de nombreuses capitales européennes. Au terme d’une nuit de négociations douloureuses, un accord a finalement été trouvé à l’arraché par les Dix-Neuf de la zone. «C’est l’Europe qui a gagné et la France qui a pris toute sa place et joué tout son rôle», a vanté le chef de l’État. Interrogé sur la brutalité de cet accord, qui prive la Grèce d’une partie de sa souveraineté en échange des milliards obtenus, Hollande a réfuté toute «humiliation» d’Athènes: «Je n’accepte pas d’un peuple puisse être humilié, a-t-il défendu. L’humiliation, c’eût été de chasser (la Grèce) de la zone euro.» Le chef de l’État a rappelé que le premier ministre grec Alexis Tsipras voulait à tout prix rester dans l’euro. «Vous en connaissez beaucoup, des pays qui vont toucher 85 milliards de l’Europe?», a-t-il insisté. Le président a pris soin aussi de louer la solidité du couple franco-allemand, qui a pourtant été mis à rude épreuve dans cette crise. Il n’a pas caché que la chancelière avait eu «un moment d’interrogation» en envisageant un Grexit mais qu’il l’avait finalement convaincue d’y renoncer. Mais le président a omis de préciser que l’accord obtenu portait, dans ses exigences les plus dures, le sceau de l’Allemagne, ce à quoi la France n’a pas eu les moyens de s’opposer. «Il fallait demander (aux Grecs) des réformes qui n’avaient pas été faites», a argué Hollande, qui a souhaité tirer des «leçons» de cette crise. Il a évoqué l’idée de créer un Parlement de la zone euro, et réaffirmé son souhait d’établir un budget et une convergence fiscale. Il devait s’entretenir avec la chancelière Angela Merkel à ce sujet dans la journée. Mardi, Hollande a également reçu un appel du président grec. Un portrait flatteur, alors que le chef de l’État reste très impopulaire. Au cours de l’entretien avec Claire Chazal (TF1) et David Pujadas (France 2), qui a duré quarante-cinq minutes, Hollande a dessiné son portrait-robot, celui d’un président «audacieux» et protecteur. Un portrait flatteur, alors que le chef de l’État reste très impopulaire et impuissant à agir sur le chômage. Mais pour ce 14 Juillet placé sous le signe de la lutte contre le terrorisme, sept mois après les attentats de janvier, Hollande a vanté son action en matière de sécurité, avec une augmentation des moyens dévolus à la police et à la gendarmerie, notamment. «Rien ne sera lâché», a insisté le chef de l’État, en précisant que le dispositif en place depuis janvier serait prolongé toute l’année. Sur le front économique et social, Hollande n’a pas fait d’annonces nouvelles. Il s’est réjoui du retour de la croissance, même s’il l’a jugée encore «trop faible», et a une nouvelle fois lié son sort au chômage. Il a évoqué une loi sur le numérique, qui prendra en compte les activités liées aux nouvelles technologies. Hollande a défendu ses réformes, notamment son pacte de responsabilité pour les entreprises, tout en se définissant comme un «homme de gauche». Il a esquissé une rapide définition de la gauche de gouvernement, qui ne devait «pas seulement gérer, protéger, mais aussi transformer», tout en évitant que l’égalité ne s’impose sur la liberté, notamment de créer. Il a défendu des choix à la fois protecteurs pour les entreprises et le modèle social. Interrogé sur un éventuel retour des écologistes au gouvernement, il a botté en touche: «Ceux qui veulent venir travailler sont les bienvenus (…), mais s’ils ne viennent pas, je ne les juge pas, c’est leur affaire.» «Une certaine idée de la France» Après plusieurs semaines de campagne sur le terrain, au cours desquelles il a tenté de renouer son lien avec les Français, Hollande a juré qu’il ne pensait pas à la présidentielle: «Je serais à côté de la plaque.» Il s’est refusé à répondre à une question sur Nicolas Sarkozy, qui n’est pas un sujet «sur (sa) table de travail». En revanche, il a réaffirmé, comme il l’avait fait plusieurs fois en privé, que les questions autour de l’identité seraient sans doute au cœur de la campagne pour 2017. Il lui reviendrait alors de défendre une France «en mouvement», loin des replis et des nostalgies, une «âme française», «une certaine idée de la France». Avec cette dernière formule empruntée à de Gaulle, qu’il a cité intentionnellement, Hollande commence à dessiner ce à quoi pourrait ressembler sa future campagne, s’il était candidat: inspirée de celle de Mitterrand en 1988, au-dessus des partis et axée sur le rassemblement. «Je ne suis pas là pour m’accrocher, a-t-il fait encore valoir. Un quinquennat réussi serait, pour lui, d’avoir pris «toutes les décisions» qui s’imposaient. À cette question, Hollande a voulu croire qu’il répondrait oui dans deux ans.

Froome et la dope

Alors qu’il a assommé le Tour ce mardi, le maillot jaune pourrait s’inquiéter : certaines de ses données d’entraînement auraient été dérobées par un pirate informatique. Une sorte de WikiLeaks pourra-t-il bientôt prouver le dopage de Chris Froome, l’intraitable maillot jaune du Tour de France, vainqueur ce mardi au sommet de la Pierre-Saint-Martin, dans les Pyrénées ? Ou, au contraire, la fuite d’informations scientifiques contribuera-t-elle à démontrer qu’il est propre ? Son équipe, la Team Sky, s’attend à une polémique (voire un scandale), parce que les données d’entraînement du coureur auraient été dérobées par un pirate informatique. Les soupçons sont apparus lundi soir, après la mise en ligne d’une étrange vidéo anonyme et apparemment accusatrice sur Youtube, qui divulguerait des informations physiologiques sur le coureur, accompagnées d’images de l’ascension du Mont Ventoux, dans le Tour de France 2013, où Froome s’était imposé en force. La vidéo, que nous n’avons pu consulter, a été retirée lundi dans la soirée. La publication de ces données relève d’une infraction, celles-ci étant collectées à l’entraînement ou en course (par un capteur de puissance) pour un accès très restreint, réservé à l’athlète concerné et à son encadrement. Ces informations (par exemple la puissance, la fréquence cardiaque, la vitesse, etc) demeurent confidentielles dans la plupart des équipes, notamment afin que les adversaires ne puissent pas s’inspirer des méthodes d’entraînement ou déceler une éventuelle période de forme ou de méforme à venir. Mais l’obtention et l’exploitation des données d’un coureurs est aussi susceptible de signaler une performance suspecte et donc la prise de produits dopants. «A partir des fichiers informatiques, une personne compétente est en mesure d’établir le dopage d’un athlète, explique à Libération Lionel Lahoun, entraîneur. Les soupçons peuvent apparaître sur une performance exceptionnelle d’une journée qui est sans rapport avec les qualités physiques d’un athlète, mais il est préférable de disposer d’un relevé sur le plus long terme, par exemple sur une saison ou même quelques semaines consécutives.» Pour lever le voile sur les performances de Chris Froome dans le Tour 2013, la Team Sky avait accepté de transmettre les fameuses données à l’un des meilleurs experts en physiologie du sport, Frédéric Grappe, présenté alors comme «indépendant», mais conseiller à l’équipe de la FDJ (Française des Jeux). Ses conclusions étaient parues dans l’Equipe du 19 juillet 2013 (mais sans les données brutes, pas même le poids du coureur !). Elles étaient très favorables au Britannique, puisque l’expert français dressait quatre constats : «Sa puissance s’émousse naturellement» (il fatigue de manière normale), il possède «un potentiel aérobie hors du commun», «un poids très stable» et d’«excellentes qualités de récupération». Le choix des titres de l’Equipe soulignait l’apparente innocence de Chris Froome. Ce qui a conduit d’autres experts (dont Antoine Vayer, dans Libération), à dénoncer une «opération de communication», voire une «manipulation». Par ailleurs, le Team Sky avait accepté de fournir des données sur une période de deux ans seulement, trop courte pour tirer des conclusions solides. A titre de comparaison, les informations biologiques de Thibaut Pinot s’étendent sur six ans et Frédéric Grappe les a rendu publiques en novembre passé, dans un article publié par le Journal of Sports Sciences. Alors que Froome n’a plus jamais fait circuler d’informations sur ses données depuis 2013, la transparence demeure un enjeu et une possible arme dans la lutte antidopage. Plusieurs spécialistes préconisent l’utilisation d’un Profil de Puissance Record (PPR). Ce «passeport physiologique» viendrait compléter le «passeport biologique» mis en place par l’Union cycliste internationale (UCI) en 2008, en faisant apparaître des variations de forme anormales ou des dépassements suspects du potentiel physique de l’individu. Selon le contenu des données piratées, Chris Froome s’expose ainsi, au minimum, à une forte controverse. Dans The Telegraph, son manageur David Brailsford a déploré le principe d’un vol informatique : «Sur le plan éthique et moral, si vous vous apprêtez à accuser quelqu’un de dopage, alors vous ne devez pas tricher.»

Mon baptême de voltige

Toujours à la recherche d’adrénaline, j’ai effectué samedi dernier un baptême de voltige aérienne, du côté de Reims. L’expérience a eu lieu à bord d’un petit biplace sans prétention mais qui en avait sous le capot (un Cap 10 B). Je vous passerai les détails d’avant le décollage, et notamment les affres de l’appréhension la veille au soir et au matin (quand on se demande si on va vider ses tripes, supporter les G, aimer les sensations, etc). D’ailleurs, tous ces doutes se sont évaporés lorsque je me suis retrouvé harnaché à mon siège, dans le cockpit. Soudain, bizarrement, je me suis senti confiant. Peut-être parce que j’étais harnaché comme un bébé dans son siège auto. Enfin, lorsque le pilote m’a alerté qu’on allait passer aux choses sérieuses, je me suis quand même demandé ce que je faisais là. Mais on a accompli un premier torque roll et j’ai immédiatement pris un immense plaisir. Les sensations de voltige sont tout simplement extraordinaires ! Lorsque le pilote réalise les acrobaties, la force centrifuge se fait en effet sentir dans toutes les directions, et l’on en prend pour son grade. Par moments, c’est d’ailleurs excessivement rude, et lorsqu’on n’a pas d’entraînement adapté, un simple vol de 15 minutes suffit à vous laisser moulu. Pour vous dire, il m’a fallu un bout de temps pour récupérer après le vol, et j’ai pourtant tendance à croire que je suis un amateur de sensations fortes ! Mais voilà, la voltige ne ressemble pas aux autres sports. A un moment, par exemple, j’ai senti mon champ de vision se restreindre brusquement : c’était le fameux blackout auxquels doivent faire face les pilotes d’avion de chasse ! Si vous ne goûtez pas les sensations qu’on peut ressentir dans les manèges les plus violents, il est inutil d’essayer la voltige aérienne. Mais si vous adorez comme moi les sensations fortes, vous pouvez foncer les yeux fermés. A mon avis, c’est même une expérience qu’on se doit de vivre dans sa vie, au moins une fois ! Je vous mets le lien vers mon baptême de voltige aérienne à Reims et vous souhaite un bon voyage dans les nuages ! Suivez le lien pour le prestataire.

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La France sans influence

Selon un sondage Odoxa, les Français jugent à 67% qu’Angela Merkel est la personnalité politique qui a le plus d’influence sur les décisions prises par l’Union Européenne. Ils sont 2% à croire que c’est « leur » Président, François Hollande, qu’ils placent derrière Mario Draghi, le patron de la BCE (14%), Jean-Claude Juncker, le président de la Commission Européenne (10%), et même Donald Tusk, le « Président de l’Union »(4%). Comme ces trois-là appartiennent à l’appareil européen, même si le dernier n’y fait que de la figuration, les placer devant « notre » Président national n’a rien d’absurde. Il est d’ailleurs rassurant de le voir à égalité avec David Cameron, le Premier Ministre britannique, et devant l’italien Renzi. Seulement, Angela Merkel n’est comme eux qu’un chef d’exécutif national, David Cameron est entre l’Europe et le Grand Large, et l’Italie pèse moins que la France. Il n’est pas difficile de trouver l’erreur : la vraie « patronne » de l’Europe serait la Chancelière allemande, à la tête d’un géant économique, certes, mais d’un supposé nain politique, dont les dirigeants français continuent à proclamer que la France est sur les deux plans, le complément parfait pour donner au continent, son moteur, le couple franco-allemand. Ce couple ressemble de plus en plus à ceux que Dubout dessinait : une matrone opulente conduisant un petit monsieur rabougri, comme Merkel conduisant Hollande devant une garde d’honneur de l’armée allemande… L’Allemagne est le poids lourd de l’Union Européenne. Première puissance économique, quatrième mondiale, grâce à son industrie et notamment le secteur automobile qui se situe au plus haut niveau, emploie un Allemand sur sept et constitue 40% des exportations, l’Allemagne affiche un excédent commercial record de 217 milliards d’euros, et le chômage le plus bas du continent, à 4,7%. Cette performance économique a pour amont et pour aval, une gestion saine des finances publiques. La République Fédérale consacrait 46,3% de son PIB aux dépenses publiques en 1991, au lendemain de la réunification. Après avoir crû, celles-ci sont redescendues à 43,9% en 2014, malgré la crise. La paresse, le manque de courage, le laxisme de nos gouvernants ont fait passer le taux français de 45% en 1978, à 50,7% en 1991 et à 57,2% en 2014. Depuis 2012, l’Allemagne enregistre des excédents budgétaires et résorbe sa dette, de 80,3 % du PIB en 2010 à 73,1 en 2014. La France vogue sans vergogne vers les 100%, avec des déficits depuis les années 1970. Reste l’ombre de sa démographie et de son histoire : l’Allemagne vieillit, et continue à subir le poids de son passé. Ce sont les deux causes d’une insuffisante résistance à l’immigration et d’une très insuffisante implication dans les conflits armés qui sont à nos portes. Le géant économique n’est plus un nain politique. L’élargissement à l’est de l’Europe, la meilleure santé du nord du continent forment une zone d’influence qui augmente son rayonnement. C’est l’Allemagne qui donne le « la » dans la crise grecque comme dans la crise ukrainienne. Mais cette prééminence « physique » par rapport à la France ne produit qu’une politique terne, dans la mesure où l’alliée fidèle des Etats-Unis, condamnée par son histoire à un pacifisme bêlant, est incapable de cette indépendance que les résultats pitoyables de notre pays et sa lamentable classe politique lui ont fait abandonner. Le plébiscite des Français en faveur d’Angela Merkel ne se résume pas à la reconnaissance d’un rapport de force. C’est aussi un jugement sans appel sur la qualité des hommes et des femmes qui dirigent un pays et expriment souvent les qualités ou les défauts de celui-ci. Madame Merkel est sans doute le type « d’homme d’Etat » auquel les Français aspirent : digne et simple à la fois, ferme et mesuré, c’est-à-dire assez sérieux et responsable pour susciter la confiance. La Chancelière allemande est politiquement habile, comme sa longévité en témoigne, mais ce n’est pas une politicienne. Elle a été physicienne et chercheuse, elle sait faire autre chose. Nos derniers Présidents montrent à quel point les politiciens professionnels, passés ou non par l’ENA, ont été d’une redoutable inefficacité, privilégiant la communication et l’apparence, au détriment du courage des réformes. Ils passent à la tête d’un pays qui n’échappe pas à son déclin et se vautre parfois dans la décadence. On peut croire que Waterloo fut un jour de gloire et humer dans le parfum des violettes la griserie des retours. Il faut être plus lucide sur les conséquences d’une défaite, et ne pas excuser ceux qui en ont été les acteurs.

Ces terroristes qui aiment la France

Pour la deuxième fois depuis le départ précipité de Ben Ali l’état d’urgence a été décrété en Tunisie pour une durée de trente jours. Plusieurs responsables ont été limogés, dont le gouverneur de Sousse. Ce n’est pas cette solution, pourtant indispensable, qui mettra fin aux attentats. Au mieux les assassins attendront la fin des trente jours et au pire ils interviendront dès demain car il est impossible, et les services de sécurité de tous les pays en sont parfaitement conscients, qu’un soldat ou un policier soit placé derrière chaque touriste dans quelques pays que ce soit. Comme il est tout aussi impossible de surveiller constamment un ennemi souvent invisible, en sommeil, et ne se réveillant que pour tuer au nom d’Allah. Le tueur de Sousse, qui a abattu 38 touristes à la kalachnikov, venait d’un camp d’entraînement en Libye et il était totalement inconnu des services de sécurité. Combien d’autres futurs tueurs ont pénétré, et pénètrent actuellement, en Europe selon la stratégie mise en place par l’Etat Islamique ? Nous ne le saurons qu’en comptabilisant les morts. L’EI nous a prévenu mais nous n’en tenons aucun compte. Nous reculons chaque jour la décision de mettre tous les moyens disponibles afin d’éradiquer, si faire se peut, Daech sur le terrain, que ce soit en Irak, en Syrie, en Libye au Nigeria et partout où il menace, ou il tue, qu’il s’agisse des musulmans ou des chrétiens, des blancs ou des noirs, des militaires ou des civils. La ligue des droits de l’homme, totalement dépassée à notre époque, craint bien entendu qu’une atteinte soit portée aux droits fondamentaux. Oubliant que le seul droit fondamental est de ne pas être assassiné sur une plage de quelques pays que ce soit. Il est curieux de l’entendre aujourd’hui sur la Tunisie alors qu’elle est si silencieuse depuis des mois sur des sujets aussi brûlants que l’Afrique et le Moyen-Orient ! Le tourisme ne s’arrêtera pas en Tunisie, on ne peut que l’espérer, et d’ailleurs les touristes continuent à arriver. Ils risquent autant leur vie qu’au Maroc, en Algérie, en Grèce, en Italie, en Espagne, en France et partout dans le monde car, aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri d’un terrorisme difficilement identifiable et parfaitement incontrôlable. Notre premier ministre ne vient-il pas de nous avertir qu’il faudra nous habituer à vivre dans cette insécurité ?

C’est quoi, ce blog ?

Le titre de ce blog vous aura sans doute fait tilter. Et c’est tant mieux, car c’est après tout un petit peu le but. 🙂

Si Achille est connu, c’est principalement pour une partie de son anatomie, que, rigoureusement, ma mère ne m’a pas interdit de nommer ici : le talon. A tel point qu’on en viendrait à oublier ce qui illustrait Achille aux yeux de tous à l’époque : son talent pour les armes et la guerre.

Ce point de vue talon / talent illustre bien, à mon sens, la société actuelle. Je veux parler notamment de tous ces colosses aux pieds d’argile, qu’ils soient personnes, entreprises ou même pays, qui font montre de talent (ou, tout du moins, d’acharnement) en matière de communication, et remplissent sans cesse les grilles des médias. Mais dont on ne retiendra pour la plupart, après leur mort ou leur chute, que le talon.

Sur ce blog, je parlerai de beaucoup de choses : marketing, politique, économie, voyages et faits divers. Mais au fond, la plupart du temps, je ne parlerai que d’une chose : de ce fameux talent d’Achille qu’un simple coup au talon aura suffi à briser. Et mieux : à faire oublier…