Les réseaux sociaux se sont multipliés ces dernières années, de Facebook pour le plus connu à Linkedin pour le plus professionnel. Ces réseaux peuvent servir aussi bien pour le travail, l’entreprise et pour les salariés pour communiquer et développer des solutions internes. Cependant, l’utilisation ludique de ces réseaux sociaux est à encadrer pour ne pas générer de dérives dans le travail.   La productivité au travail est-elle affectée par l’utilisation des réseaux sociaux au travail ?   Xavier Camby : Cette première question ne peut avoir de réponse simple, sans prendre le risque de devenir simpliste : il existe en effet de très nombreux usages professionnels de chacun des réseaux sociaux, professionnels ou non. A titre d’exemple, sur un site comme LinkedIn ou Xing, la recherche d’informations commerciales utiles, de candidats ou d’employeurs, de financement de projets, d’innovations et d’informations est grandement simplifiée par l’utilisation diligente et structurée de ces réseaux. Des contacts naguère impossibles -ou prohibitifs en terme de temps et d’argent- s’opèrent désormais aisément, pour le bénéfice de tous.  Des communautés professionnelles s’y structurent efficacement pour partager et s’entraider. D’autres y créent des observatoires ou des laboratoires, pour cerner les tendances du futur. Certains y promeuvent gratuitement des informations ou des formations de grandes valeurs. Facebook aussi, dans une approche plus « Business to Consumer » que purement professionnel est devenu un outil indispensable à de nombreuses entreprises, pour connaître et fidéliser leurs clients, identifier les tendances, pour créer de évènements… Utiliser tous ces réseaux, à titre professionnel, est souvent indispensable et procède d’une bonne gestion de son travail. S’il semble difficile de chiffrer de façon réaliste le gain de productivité et/ou d’innovation que représentent ces fantastiques outils, en permanente évolution.  Symétriquement, on peut avoir un usage parfaitement contre-productif et non professionnel de ces mêmes réseaux, et pas seulement pour des objectifs ludiques. Le premier « piège temporel » consiste en l’ignorance du bon usage de ces outils tout neufs : il est très simple, comme partout ailleurs sur internet de se laisser aller à dériver de profils et blogs, de posts en site web… Cette navigation inexperte et sans boussole mange un temps considérablement, car nous en perdons la notion face à nos écrans (les bien nommés : ils nous cache parfois la réalité ou de celle-ci). Le second n’est pas accidentel : de façon délibérée, je peux y passer beaucoup de temps à faire autre chose que ce pourquoi je suis payé. On voit même parfois ces réseaux, austères et professionnels, se transformer en site de rencontre…    A-t-on des chiffres sur le nombre de salariés qui utilisent leurs réseaux sociaux sur le temps de travail ? Que gagnerait-on à la déconnexion? Sur le plan juridique, a-t-on seulement le droit de les utiliser pendant les horaires de travail ? Est-ce que cela peut constituer un motif de licenciement ?    Il n’existe pas à ma connaissance d’études vraiment fiables et un peu complètes sur l’usage des réseaux sociaux au bureau. Et je redoute que l’identification précise des usages non-professionnels, pendant les heures de travail, constituerait une impossible gageure, à l’heure du télétravail et de l’embarquement systématique des outils professionnels sur des smartphones, des tablettes ou des laptop privés ! Il est aussi à parier que cet impossible ne pourrait se réaliser que par la mise sous contrôle total de chaque personne (au travail et chez elle) ainsi que de l’ensemble de ses outils. Interdire l’usage des réseaux sociaux au travail serait finalement vain (comment vérifier ou contrôler une connexion en 4 G, sur votre smartphone, partagée avec votre ordinateur, sauf à installer de coûteux brouilleurs) que contreproductif et possiblement démotivant, comme l’est toute manifestation de méfiance ou de défiance d’un employeur vis-à vis de ses salariés.

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