Test du vol en avion de chasse

Clairement, il y aura un avant et un après cette expérience. Car cette dernière était vraiment hors norme. Il y a deux semaines, je me suis en effet offert un vol en avion de chasse. Et je crois que je ne regarderai plus jamais le ciel de la même manière ! Cette expérience a eu lieu à Re,,es, et a été une expérience quasi lovecraftienne : indicible ! Le problème qui se pose à moi maintenant, c’est de découvrir quelle autre activité démente je vais bien pouvoir effectuer. C’est que je les enchaîne, depuis quelques années, les activités extraordinaires, et il va commencer à être difficile de me renouveler. Dès lors que je peux m’essayer à une activité un peu différente, je n’hésite pas une seconde : je signe sans regarder à la dépense. Certains trouvent même que je suis déraisonnable. Mais ceux qui mettent ça sur le compte d’un caractère capricieux n’ont vraiment rien compris. Il y a quelques temps, j’ai en fait perdu mon meilleur ami. Et cette mort aussi soudaine qu’injute m’a poussé à voir les choses autrement. Elle m’a rappelé que je pouvais mourir, moi aussi. Bon, cette information ne m’avait certes pas échappé, mais je ne ressentais pas cette vérité aussi durement. Je crois qu’on est tous comme ça, d’une certaine manière : l’on ne pense pas à sa propre mort. Mais celle de cet ami a tout remis en question. On ne peut pas ne pas avoir la bougeotte lorsqu’on sent sa propre mortalité : cette intelligence vous incite à bouger, à cueillir les roses de la vie, comme on dit. Si je devais vous donner un seul conseil, ce serait de suivre mon exemple : vivez votre vie sans perdre une minute. Et ne me dites pas que ce conseil est une évidence, parce qu’il est rarement suivi. Ne cessez jamais de bouger, ne vous encroûtez pas. Prenez l’air, testez les activités qui vous font envie, et ne soyez pas trop responsable. Vivez avant que ce ne soit plus possible. Et si le vol en avion de chasse vous fait de l’oeil, n’hésitez pas ! Je vous mets en lien le site où j’ai déniché ce vol en avion de chasse.

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Doit-on se couper des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux se sont multipliés ces dernières années, de Facebook pour le plus connu à Linkedin pour le plus professionnel. Ces réseaux peuvent servir aussi bien pour le travail, l’entreprise et pour les salariés pour communiquer et développer des solutions internes. Cependant, l’utilisation ludique de ces réseaux sociaux est à encadrer pour ne pas générer de dérives dans le travail.   La productivité au travail est-elle affectée par l’utilisation des réseaux sociaux au travail ?   Xavier Camby : Cette première question ne peut avoir de réponse simple, sans prendre le risque de devenir simpliste : il existe en effet de très nombreux usages professionnels de chacun des réseaux sociaux, professionnels ou non. A titre d’exemple, sur un site comme LinkedIn ou Xing, la recherche d’informations commerciales utiles, de candidats ou d’employeurs, de financement de projets, d’innovations et d’informations est grandement simplifiée par l’utilisation diligente et structurée de ces réseaux. Des contacts naguère impossibles -ou prohibitifs en terme de temps et d’argent- s’opèrent désormais aisément, pour le bénéfice de tous.  Des communautés professionnelles s’y structurent efficacement pour partager et s’entraider. D’autres y créent des observatoires ou des laboratoires, pour cerner les tendances du futur. Certains y promeuvent gratuitement des informations ou des formations de grandes valeurs. Facebook aussi, dans une approche plus « Business to Consumer » que purement professionnel est devenu un outil indispensable à de nombreuses entreprises, pour connaître et fidéliser leurs clients, identifier les tendances, pour créer de évènements… Utiliser tous ces réseaux, à titre professionnel, est souvent indispensable et procède d’une bonne gestion de son travail. S’il semble difficile de chiffrer de façon réaliste le gain de productivité et/ou d’innovation que représentent ces fantastiques outils, en permanente évolution.  Symétriquement, on peut avoir un usage parfaitement contre-productif et non professionnel de ces mêmes réseaux, et pas seulement pour des objectifs ludiques. Le premier « piège temporel » consiste en l’ignorance du bon usage de ces outils tout neufs : il est très simple, comme partout ailleurs sur internet de se laisser aller à dériver de profils et blogs, de posts en site web… Cette navigation inexperte et sans boussole mange un temps considérablement, car nous en perdons la notion face à nos écrans (les bien nommés : ils nous cache parfois la réalité ou de celle-ci). Le second n’est pas accidentel : de façon délibérée, je peux y passer beaucoup de temps à faire autre chose que ce pourquoi je suis payé. On voit même parfois ces réseaux, austères et professionnels, se transformer en site de rencontre…    A-t-on des chiffres sur le nombre de salariés qui utilisent leurs réseaux sociaux sur le temps de travail ? Que gagnerait-on à la déconnexion? Sur le plan juridique, a-t-on seulement le droit de les utiliser pendant les horaires de travail ? Est-ce que cela peut constituer un motif de licenciement ?    Il n’existe pas à ma connaissance d’études vraiment fiables et un peu complètes sur l’usage des réseaux sociaux au bureau. Et je redoute que l’identification précise des usages non-professionnels, pendant les heures de travail, constituerait une impossible gageure, à l’heure du télétravail et de l’embarquement systématique des outils professionnels sur des smartphones, des tablettes ou des laptop privés ! Il est aussi à parier que cet impossible ne pourrait se réaliser que par la mise sous contrôle total de chaque personne (au travail et chez elle) ainsi que de l’ensemble de ses outils. Interdire l’usage des réseaux sociaux au travail serait finalement vain (comment vérifier ou contrôler une connexion en 4 G, sur votre smartphone, partagée avec votre ordinateur, sauf à installer de coûteux brouilleurs) que contreproductif et possiblement démotivant, comme l’est toute manifestation de méfiance ou de défiance d’un employeur vis-à vis de ses salariés.

Un revenu de Mr Hamon

Le candidat socialiste propose d’accorder un revenu d’existence de 740€ par mois de façon généralisée, notamment de revenu, doucement à toute la nation. Sa dépense annuel au final pourrait être de 600 Mrds d’euros, ce qui correspond à la moitié des charges publiques. Le salaire d’existence est suggéré par des énarques que certains désigneraient de Thatchériens, fréquemment en l’annexant à une recette relatif au revenu pour le financer. Une nouvelle taxe au taux de 35 % saurait en conséquence financer une dépense de 600 Md€. Ce principe, « revenu universel d’existence » et une taxe proportionnel, promettrait, selon ses concepteurs, un niveau de vie à minima à tout Français aussi en l’appelant à bosser plus que dans le principe actuel. Aussi, chaque euro complémentaire décroché par son travail lui rapporterait 0.61 € après prélèvement alors que, maintenant, il prend en net seulement 0.44 Euros généralement, parce qu’il voit baisser ses redevances sociales et accentuer ses taxes et charges. Pour ces fonctionnaires, ce « revenu universel d’existence » commuterait la plupart des provisions sociales et des principes d’Etat dont l’utilisation est individualisé. Chaque Français obtiendrait le minimum primordial pour vivre, le compléterait par une occupation professionnelle, le consommerait pour des biens et services de son choix et se protégerait de manière libre contre quelques risques, y compris les actuels risques de maladie. L’entièreté des allocations sociales arrivant quasiment 600 milliards d’euros, le revenu universel n’augmenterait de ce fait pas les prescriptions sociales et saurait être acquitté sans majorer les impôts obligatoires. Il faudrait cependant commuter quelques-uns de ceux-là, surtout les prélèvements, par une charge généralisée à 37 %. L’État renoncerait à intercéder afin de fournir des tâches aux communautés. Les portées de l’organisation d’un « revenu universel d’existence » sur la compétitivité des sociétés, l’attractivité du territoire, l’engagement et l’responsabilité, ou davantage la fraude aux impôts et sociale, seraient catastrophiques. Ce n’est incontestablement pas le fantasme du candidat Benoit Hamon, qui n’a pas formulé l’abrogation de services publics. On peut néanmoins préjuger que le « revenu universel d’existence » réformerait les minima sociétaux (autour de 25 Mds euros) et les attributions familiales (10 milliards euros), tout enfant y conférant droit, mais ces réductions de dépenses ne modifieraient pas la réalité du problème : il faudrait agrandir les prélèvements obligatoires d’à peu près 550 milliards euros, en conséquence de 54 %. Les implications de la constitution d’un « revenu universel d’existence » sur l’efficacité des sociétés, la séduction du territoire, la participation et l’emploi, ou encore la fraude aux impôts et sociale, deviendraient terribles.

Pourquoi le péril jaune se fait se paie l’Europe

Des palaces, des clubs de vacances, des usines de chimie, un héliport, etc. La folie acheteuse chinoise n’a rien de confus. Elle répond à une méthode intelligible, inspirée par une nécessaire ascension en gamme. Celle de la consommation d’une classe moyenne constamment plus peuplée en recherche de qualité, et de marques, celle de manufactures souhaitant s’extraire du rôle de clair sous producteur et d’“atelier de main d’oeuvre pas chère” afin de soumettre des produits de haute technologie. Des moyens financiers immenses au service de cette prétention portés par la présidence chinoise montrent la ascension en puissance des achats ces derniers mois en Europe, plus particulièrement en Royaume-Uni. Allumant inquiétudes et aspiration. Or ce changement devrait se renforcer. il faut fixer, au niveau de l’Europe, des lois justes. Depuis Mars 2016, Haptra paie près d’1Mio de litres de lait quotidiennement en Normandie à un taux 55 % inférieur à celui du marché en Chine. Choa Jang, son propriétaire, anticipe très rapidement une seconde ligne de production, à Ploué, à la frontière de la plus impressionnante unité de production de farine de lait en France. Alors que que son compatriote Pedila, société managée par la ville de Tiangang, débourse 120 mio dans un groupe de production d’alarmes dans l’Oise. Les acquisitions fort visées dans les zones en cours de croissance, essentiellement la zone Afrique, et la production des ressources premières pointent à améliorer le ravitaillement de nation chinoise. Avec ces achats facilitant d’amplifier leur présence mondiale et remporter des savoir faire, les Chinois s’engagent dans les directions générales et peuvent circonvenir sur la tactique des sociétés mondiales. Mais aussi, les dirigeants chinois améliorent leur influence, leur image – bref leur dominance.

Un parfum fait maison

Avant-hier, j’ai réalisé une drôle d’expérience : j’ai créé mon propre parfum lors d’un atelier à Paris. Cette curieuse activité m’avait été offerte par une amie qui travaille dans le monde de la parfumerie et sur le moment, l’expérience ne me tentait pas plus que ça : j’y suis allé en traînant des pieds. Mais en fin de compte, je ne regrette rien. Parce qu’une fois sur place, on a un peu l’impression d’être un savant fou et on s’emploie vraiment à créer le parfum idéal. On en vient même à regarder avec inquiétude les minutes passer et on stresse à l’idée de ne pas avoir assez de temps pour trouver le bon mélange ! En pénétrant dans l’atelier, on a l’impression d’être dans un petit labo scientifique. Chaque personne est installée devant un meuble à trois niveaux où sont disposés 120 flacons d’essences diverses. L’équipement de chaque participant est en outre enrichi avec deux béchers, des mouillettes, des seringues et du papier pour noter la formule. Voilà pour le matériel. Concrètement, on compose le parfum en utilisant l’ordre de la pyramide olfactive. On commence par la note de fond, la plus puissante, et qui est la base du parfum : elle est produite avec des essences tenaces (bois, résine, musc… ) et elle livre le sillage du parfum. On élabore ensuite la note de cœur, véritable identité de la fragrance : elle dure de 2 à 10 h. Et on conclut avec la note de tête, celle que l’on sent immédiatement dans le parfum, mais qui est la plus volatile (elle disparaît 2 heures après l’application). Même si on peut choisir la direction dans laquelle on veut aller avec son oeuvre, on est secondé tout au long de l’atelier par le maître-parfumeur, qui nous indique si les fragrances que l’on sélectionne conduisent bien à ce qu’on imagine. Le plus dur, en réalité, c’est de ne pas trop rationaliser. Il faut faire confiance à son instinct, à son nez. Il faut mettre son esprit sur off, sous peine de rapidement se retrouver désorienté dans ce labyrinthe de fragrances. Au terme de cet atelier de parfum à Paris, on se retrouve avec son propre parfum, une fragrance qu’on ne croisera jamais ailleurs. Et ça, c’est vraiment intéressant. D’autant qu’on peut ensuite en recommander en utilisant la formule dont on est le seul détenteur !

parfum

Les soldats syriens qui combattent à Alep

« Je regarde leurs photos, et cela me fait du bien. J’aurais préféré combattre non loin de mes proches », a-t-il dit. Pendant que les soldats racontent leurs histoires, des explosions de bombes et des cliquetis des armes se font entendre, mais les militaires n’y font pas attention. Ils disent que cela ne leur fait pas peur. Par contre, ce qui les effraie effectivement, c’est quand un civil passe du côté des terroristes et leur apprend tout ce qu’il a vu. Un guet-apens peut alors arriver !Tandis que Sputnik s’entretient avec un soldat, une dépêche radio rapporte le signalement d’un homme à retenir. Selon une information, les terroristes essaient de traverser la ligne de front, en se faisant passer pour des civils. Selon Abu Mahmud, chaque jour, les terroristes cherchent à se mêler à la population civile pour s’infiltrer dans les zones sous contrôle de l’armée. Aussi, tous les jours, les soldats risquent-ils de rencontrer leur mort. Sur la ligne de front, une telle rencontre est plus que probable. Abu Abdulla de Homs a raconté son histoire. Les terroristes ont tué son fils de dix-sept ans parce que son père était un « traître » qui n’avait pas rallié les rangs des djihadistes. « J’aime mon pays et je ne veux pas que les destructions se poursuivent. Je veux libérer ma patrie des terroristes, je souhaite une vie pacifique normale et que tous regagnent leurs foyers », a-t-il expliqué avec un triste sourire. Le volontaire Khalid a raconté à Sputnik qu’il venait de la province de Raqqa. Dès qu’il a réussi à s’échapper des terroristes de l’État islamique (Daech), il s’est engagé dans l’armée syrienne. © AFP 2016 KARAM AL-MASRI «L’opération à Alep est le résultat d’un blocage total du dialogue politique» « Ma famille habite dans la zone sous contrôle de Daech. Dès que j’en suis sorti, j’ai rejoint l’armée syrienne. Les terroristes nous menacent de décapitation et d’autres exactions, mais notre volonté est ferme. La victoire sera à nous », a conclu l’interlocuteur de Sputnik.

Développer l’entreprise

La mise en oeuvre d’une croissance intelligente, durable et inclusive et la résolution des défis économiques et sociaux au sein des pays de l’Union européenne (UE) passent nécessairement par l’adoption de politiques visant à promouvoir la création d’entreprises prospères dans toutes les couches de la société. En permettant aux citoyens de créer leur propre emploi et celui d’autres personnes, l’entrepreneuriat est capable de répondre aux enjeux posés par des taux de chômage élevés et une faible participation au marché du travail qui caractérisent généralement certaines franges de la société. Cet esprit s’avère indispensable à l’émergence d’une économie fondée davantage sur l’entrepreneuriat, au sein de laquelle évoluent de nouvelles sociétés qui proposent des solutions innovantes aux défis sociaux, économiques et environnementaux. Cependant, de nombreuses personnes sont confrontées à des obstacles à l’entrepreneuriat, tels que l’accès aux financements et le manque de compétences appropriées et de réseaux professionnels. Ces entraves se révèlent souvent plus importantes pour les personnes issues de groupes défavorisés et sous-représentés dans le domaine de l’entrepreneuriat, puisqu’elles rencontrent généralement des obstacles supplémentaires liés aux attitudes, aux motivations et aux systèmes de protection sociale qui créent des discriminations en matière d’entrepreneuriat. Tant les politiques liées au développement des entreprises que les politiques actives du marché du travail ont un rôle à jouer pour contribuer à la résolution de ces problèmes. Des mesures appropriées peuvent être mises en place aux niveaux national, régional et local, à destination de groupes spécifiques tels que les jeunes, les femmes, les seniors, les chômeurs, les immigrés, les minorités ethniques et les personnes handicapées. Ce recueil identifie les types d’approches politiques qui permettent de pallier ces difficultés et décrit les principaux facteurs qui participent au succès de leur mise en oeuvre. Source: Séminaire Entreprise.

L’entreprise providence

Depuis plus de deux décennies, l’État-Providence, quasiment failli, prodigue ses généreuses prestations à crédit. Vivant largement au-dessus de ses moyens, il ne peut plus les financer, sinon par cette dette à la charge des générations futures qui enfle, enfle… Curieuse conception de la solidarité entre générations. À rebours. La belle mécanique d’assurance mutuelle entre les citoyens est plus que grippée, elle menace d’imploser. En effet, les trois piliers du modèle social français – indemnisation du chômage, assurance maladie, pensions de retraite – sont en déficit structurels – et le financement de ces dépenses non maîtrisées qui partent à la dérive ne survit qu’à coup d’emprunts et de structure de defaisance. Dix?milliards de dette pour les régimes de retraite en 2019, 26?milliards pour l’Unedic cette année et 16 pour l’assurance maladie. Plus grave, si l’on extrapole leurs évolutions respectives pour les années à venir, on s’aperçoit qu’elles ne seront non seulement plus financées mais plus finançables, bref insoutenables, sauf révision déchirante de leurs mécanismes fondamentaux. Pour une simple raison?: toutes ces prestations sont financées par le travail, plus particulièrement par les entreprises, dont on verra plus loin les singulières remises en cause qui devraient en rétrécir le périmètre. Sous perfusion massive, le modèle social français, qui se caractérise par un montant record – la dépense sociale publique représente le tiers du PIB – est donc en voie d’implosion. La France, comparée aux pays de l’OCDE, a connu depuis 1980 une progression de ses dépenses sociales bien plus importante que la moyenne de la zone. De 2009 à 2013, elles progressent en France de 2,9 points de PIB, alors qu’elles baissent de 5,8 points en Allemagne, pays où le vieillissement de la population est plus important. Comme le note Jean-Marc Daniel dans un brillant numéro de Sociétal 2015 consacré à l’État Providence?: “La France a sacrifié sa souveraineté à un modèle social insoutenable, en privilégiant les prélèvements sur les économies et le court terme sur le long terme. Le manque de transparence des gouvernements qui se sont succédé, cherchant davantage à se reproduire qu’à réduire les rentes, les privilèges et les régimes spéciaux, sera jugé sévèrement par l’Histoire”. Faute d’en avoir changé le paradigme par une transformation radicale et courageuse, puisqu’elle touche à des dogmes et des verrous idéologiques les plus cadenassés. Voilà pourquoi, années après années, le triste et modeste cortège des réformettes conjoncturelles a poussé ses timides propositions quasi indolores. Bricolage, rafistolage et ravaudage aboutissant parfois, pour de nobles objectifs d’économie, à des hérésies, comme la suppression des bourses au mérite. En 1996, Alain Juppé crée une structure à durée de vie limitée à 13 ans pour alléger et amortir près de 50?milliards de créance de la Sécurité sociale. La Caisse d’amortissement de la dette sociale aurait dû disparaître en 2010. Sa capacité d’endettement a été portée à 240?milliards avec un délai repoussé à 2025. De droite, puis de gauche, la politique est toujours la même, “autruchienne”?: plutôt se mettre la tête dans le sable que de voir avec lucidité la vérité en face, et surtout d’affronter de salvatrices remises en cause. Exemple parmi tant d’autres, la réforme des retraites de François Fillon de 2010 est calée sur des certitudes démographiques de temps long prévoyant précisément la détérioration du rapport retraités/actifs, et conduisant à repousser quasi mécaniquement le départ de la vie active à 65 ans. Il sera décidé de le fixer à 62 ans. Le scénario d’une réforme respecte d’ailleurs toujours le même rituel, si symptomatique de l’intelligence française. Le politique commande à un brillant esprit un rapport. Un non moins brillant diagnostic assorti de courageuses solutions est livré peu après. L’exorcisme a joué et le train-train peut continuer, les propositions seront sinon enterrées, du moins tellement édulcorées. Tout le monde sait bien qu’il faudrait fusionner les 38 régimes et caisses de retraites, porter l’âge de la retraite à 65 ans, faire réaliser certains actes médicaux aux infirmières, généraliser une logique assurantielle pour les petits risques médicaux, flécher de façon autrement plus efficace les 34?milliards dépensés par les entreprises en formation continue. Les gisements d’économies sont considérables, comme sans doute les réserves d’efficience et d’optimisation des organisations illustrées par les formules des “social impacts Bonds” confiant au privé, sur objectifs, des missions d’intérêt général. Les perspectives de chantiers pour optimiser et réduire les dépenses, comme la e-santé, ne manquent pas, mais c’est plutôt au niveau des ressources que la révolution s’impose. Pour s’adapter à celle, copernicienne, du travail, plus particulièrement de l’entreprise, puisqu’elle détient le quasi-monopole du financement de la protection sociale. Un fardeau qui en fait la championne européenne toute catégorie des charges sociales (51?% pour les patronales, 25?% pour les salariales). Or si les besoins de financement iront croissant pour des raisons ultra-connues – vieillissement de la population, chômage structurel croissant, etc. – l’assiette du travail, elle, a tendance à rétrécir. La durée de vie active raccourcit (durée des études, chômage massif, départ en retraite de plus en plus tôt), tandis que le temps de l’inactivité, selon la logique des vases communicants, s’allonge. La première rapporte des ressources, la seconde en coûte. Vu de Sirius, l’effet de ciseau est une évidence macroéconomique imparable. Surtout si l’on a le mauvais esprit d’y ajouter des considérations microéconomiques sur ces entreprises qui préfèrent les lointains horizons. Ces start-up préférant valoriser ailleurs leurs prometteurs talents ou, à l’autre bout de la chaîne, ces si fameux fleurons de l’économie, les 40 groupes du CAC qui n’ont plus de français que leur siège social, parfois leur patron?; car leurs clients, salariés et actionnaires sont désormais à dominante largement internationale. “Les grandes entreprises ont moins besoin de la France que la France n’a besoin d’elles. Si rien ne change vraiment, elles risquent d’ajuster peu à peu a` la baisse leur présence en France” prévient dans Societal 2015, Xavier Huillard, président du groupe Vinci. S’y ajoute non pas la disparition du salariat, mais du moins son effritement, avec l’émergence de multiples formes de travailleurs indépendants et autres free-lance. Selon France Stratégie, ils pourraient représenter le quart de l’emploi à court terme (un tiers aux États-Unis). Tandis que les nouveaux modèles d’organisation du type “entreprise-marguerite” – un noyau dur et restreint de compétences travaillant avec de multiples réseaux de fournisseurs, consultants, sous-traitant et experts, des implantations mondialisées et volatiles au gré des conditions économiques – mettent en échec les schémas classiques de vache à lait contributive. Et ce ne sont pas les taux de marge en berne qui vont améliorer la situation, tandis que les besoins de solidarité vont sérieusement enfler pour financer les adaptations à cette mutation. Comme le souligne Francis Lorentz, expert en nouvelles technologies?: “L’accélération des transformations technologiques et économiques est créatrice d’instabilité. Les individus aussi bien que les entreprises voient leurs compétences, leurs rôles et leurs positions constamment remis en cause. Cette exigence d’adaptation permanente ne peut qu’alimenter les attentes en matière de solidarité. Or les mécanismes de financement de cette solidarité, fondée sur l’organisation traditionnelle du travail et son coût, apparaissent de moins en moins pertinents.” Cette mécanique à bout de souffle doit donc être remplacée. Théoriquement, on pourrait imaginer que ceux qui bénéficient de la garantie d’un emploi à vie témoignent de leur solidarité avec ceux qui en sont loin, en cotisant à l’indemnisation du chômage. Dans la pratique, leur niveau de revenu dissuade de l’envisager. Les traitements du million d’enseignants ne sont pas à la hauteur pour supporter cet effort. Mais du côté des retraités, l’alignement des retraites en fait réfléchir plus d’un. Pour financer l’intérêt général, l’entreprise providence toute seule bute en effet sur une limite?: auparavant, elle doit créer de la richesse. Bref, le fardeau des solidarités est devenu bien trop pesant pour elle. Il est sans doute possible de l’alléger en séparant beaucoup mieux ce qui relève d’un socle de solidarités essentielles dans le domaine de la retraite, de la maladie voire de l’indemnisation du chômage, d’un domaine volontariste autant qu’assurantiel. La prise en charge des premières sur une assiette beaucoup plus large que le travail – les revenus et la consommation – relève autant de la justice sociale que de la logique économique.

La mécanique journalistique

Au printemps 2002, je présentais le journal de la mi-journée sur France Inter, qui durait alors une heure?; on l’appelait “le 13-14”. La France s’apprêtait à voter pour le premier tour de l’élection présidentielle. Quatre semaines avant le scrutin, un homme, Richard Durn, fait feu sur des élus en plein conseil municipal à Nanterre. Dans le journal, ce 26?mars, je fais comme tout le monde?: j’en fais des tonnes. L’affaire semble, il est vrai, saisissante. En réalité, Richard Durn, on l’apprendra rapidement, n’est rien d’autre qu’un déséquilibré qui a basculé dans la violence avant de se suicider. Rien de bien édifiant ou révélateur dans cette histoire, et pourtant nous l’érigeons alors en fait de société. “Rien de bien édifiant ou révélateur dans cette histoire, et pourtant nous l’érigeons alors en fait de société” Trois jours avant le scrutin, le 18?avril, un retraité apparemment sans histoires, Paul Voise, est agressé par deux hommes qui le rouent de coups et lui tuméfient le visage. L’affaire fait la Une de tous les journaux. Y compris de l’édition dont j’ai la charge, le 13-14. Narration du fait divers, témoignage de la victime, policiers invités à s’exprimer sur la sécurité, débat politique, comparatif avec les pays voisins, etc. Là encore, nous en faisons des tonnes. Pourtant, il s’agit d’une agression somme toute banale et sans envergure. Et deux ans plus tard, l’enquête s’achèvera par un non-lieu, à l’issue d’expertises mettant sérieusement en doute la véracité du récit de la victime. Le 21?avril 2002, Jean-Marie Le Pen se qualifie pour le second tour de la présidentielle. Le premier grand cap de l’ascension du Front national, le début de la fin du tabou. J’ai longtemps tourné dans ma tête ce que nous avons collectivement fait dans les médias, moi y compris, pendant ces mois de mars et d’avril 2002. Nous avons tous entretenu le sentiment collectif de l’insécurité, sur la base de faits divers non représentatifs. Notre responsabilité, la mienne y compris, est évidente dans le succès de Jean-Marie Le Pen. Cela m’a valu plusieurs nuits sans sommeil. Mais curieusement, cela n’a guère troublé la majorité des journalistes. Cette incapacité à l’autocritique m’a saisi. Les journalistes aiment poser les questions, beaucoup moins se remettre en question. À quelques exceptions près, la presse a semblé incapable de s’interroger sur sa responsabilité, peu désireuse d’essayer de comprendre par quel mécanisme, par quel engrenage nous avions fini par ne plus parler, tous ensemble, que de l’insécurité présumée. C’est cela aussi pour moi le 21?avril 2002?: une cicatrice professionnelle, un tournant même. Pendant les semaines qui ont suivi, je me suis dit que je ne pourrai plus pratiquer mon métier comme avant. Notre responsabilité est trop grande?; on ne peut pas juste informer sans réfléchir. Informer sans jamais s’arrêter, pris dans la course à la vitesse qui détruit notre métier. Informer sans jamais s’interroger sur notre tendance collective à tous faire la même chose dans un élan irrationnel de mimétisme, comme si l’on cherchait une justification à nos choix dans les choix du voisin. L’été qui a suivi, je suis parti à Londres comme correspondant pour Radio France. Il n’y a pas de hasard. Quatre années à Londres, pour une prise de distance salutaire, la découverte d’une autre façon de travailler. Le temps aussi de réaliser à quel point la France s’est progressivement, depuis vingt ans, refermée sur elle-même. Paradoxalement, j’ai fini, à mon retour d’expatriation, par me retrouver directeur de rédaction à France Culture, puis aujourd’hui à France Inter. Paradoxe, car comment parvenir à être à la fois acteur et spectateur de son métier?? Comment traiter l’actualité, avec les exigences et les difficultés de l’immédiateté, et en même temps parvenir à conserver une distance critique suffisante pour ne pas reproduire les erreurs du printemps 2002?? Comment, dans une fonction de direction, se tenir suffisamment loin du pouvoir qui rend fou?? Comment éviter d’entrer dans un microcosme fait de dîners en ville dont la futilité vous fait perdre de vue l’essentiel?? Ma position est une bizarrerie. Je ne suis sans doute pas fait pour être directeur de rédaction, mais je le suis quand même. Alors j’essaie de me préserver en me livrant à ce petit exercice hebdomadaire de déconstruction des “mécaniques médiatiques”, chaque vendredi matin sur France Inter. C’est ma boussole professionnelle à moi. “Comment éviter d’entrer dans un microcosme fait de dîners en ville dont la futilité vous fait perdre de vue l’essentiel??” Je sais que certains de mes confrères y voient une fâcheuse tendance à donner des leçons de journalisme. Ce n’est pourtant pas le cas. Qui suis-je pour donner des leçons?? Non, il s’agit simplement d’une façon, pour moi, de me préserver. D’essayer de comprendre ce à quoi moi-même trop souvent je participe. Je suis bien placé pour mesurer combien “l’art d’informer” est difficile. Je me trompe régulièrement, comme tout le monde. Mais doit-on pour autant laisser le monopole de la critique à ceux qui n’exercent pas le métier?? Au fil des semaines, j’ai compris que ces chroniques du vendredi matin sur France Inter forment donc une esquisse de paysage journalistique, avec un certain nombre de phénomènes récurrents. Certains sont anciens, d’autres récents, tous expliquent pourquoi certains sujets font la Une alors que d’autres ne font pas une brève. Le premier, celui qui continue, treize ans après les événements de 2002 de me saisir le plus fréquemment, c’est le “tourne en rond” ou l’effet perroquet?: la tendance des principaux médias à tous parler de la même chose. Ce grégarisme journalistique, accentué par le diktat de la vitesse, se retrouve dans quasiment tous les sujets qui font la Une. La chaîne de causalité relève parfois du jeu de l’œuf et de la poule, même si la responsabilité des chaînes télévisées d’information continue ne cesse de croître.